La gestion des déchets en clinique vétérinaire ne se limite pas à leur élimination : elle représente un enjeu majeur pour la santé publique, l’environnement et la durabilité des pratiques professionnelles. Entre produits à usage unique, médicaments, déchets biologiques et emballages divers, il est essentiel de mettre en place des gestes simples mais efficaces pour réduire l’impact écologique de l’activité vétérinaire.
Dans cet article, nous proposons des solutions concrètes et immédiates pour adopter une gestion écoresponsable des déchets, depuis la prévention à la source jusqu’au tri quotidien, en passant par des alternatives réutilisables et le compostage. Découvrez comment intégrer ces pratiques dans votre clinique pour allier efficacité, sécurité et respect de l’environnement.
1. Avant même de produire des déchets
- Privilégier le lavable au jetable : blouses, champs chirurgicaux, serviettes, carrés éponge, tapis absorbants.
- Limiter les emballages : refuser les goodies, échantillons ou prospectus inutiles.
- Politique d’achat responsable : interroger les fournisseurs sur la réparabilité, la durabilité et l’impact environnemental des produits.
- Gestion des stocks : surveiller les péremptions, délivrer les quantités adaptées de médicaments, éviter la surprescription.
2. Organisation du tri au quotidien
- Installer des bacs adaptés et accessibles au plus près des postes de soins.
- Utiliser un code couleur simple pour gants et matériel réutilisable.
- Vérifier systématiquement : DASRIA ou pas ?
- Seringues sans aiguille, tubulures, gants → ordures ménagères.
- Objets piquants/coupants, sang en quantité, liquides biologiques → DASRIA.
- Déchets anatomiques → incinération animale (pas DASRI).
3. Exemples concrets de substitutions
- Gants : utiliser des gants de ménage réutilisables (nettoyés/désinfectés) pour tâches non stériles.
- Emballages de stérilisation : privilégier les conteneurs aluminium plutôt que les emballages plastiques à usage unique.
- Nettoyage : microfibres lavables + alcool 70°C plutôt qu’essuie-tout (sopalin est un nom de marque)
- Échographie : petits carrés de tissu lavables pour essuyer le patient plutôt qu’essuie-tout.
- Hospitalisation : serviette coton lavées à 60°C au lieu d’alèses jetables.
4. Gestion spécifique des médicaments et produits chimiques
- Informer les propriétaires : « Pensez à ramener vos médicaments non utilisés à la clinique et à trier uniquement les emballages cartons. »
- Ne jamais jeter de liquide médicamenteux dans l’évier → ordures ménagères (incinération).
- Liquides de radiographie, piles, ampoules, cartouches d’encre → filières spécifiques.
5. Compostage (si possible sur site)
- Litière végétale, foin, marc de café, tonte de pelouse en petite quantité.
- Équilibrer azote/carbone, mélanger et maintenir l’humidité.
- Ne pas composter de déchets infectieux ni médicamenteux ni les excréments d’animaux sous traitement.
6. Les « 5R » (et un 6e pour le vétérinaire)
- Refuser : tout déchet évitable (jetable, suremballage).
- Réduire : la quantité produite (achat raisonné, entretien du matériel).
- Réutiliser : lavables, réparation, seconde vie des objets.
- Recycler : papier, carton, verre, plastique médical, aluminium.
- Rendre à la terre : compost maîtrisé.
- Respecter la filière : DASRI, déchets anatomiques, filières dédiées.
Adopter une gestion écoresponsable des déchets en clinique vétérinaire est à la portée de tous grâce à des gestes simples et immédiats. En privilégiant le lavable, en triant correctement, en réduisant les emballages et en respectant les filières dédiées, chaque clinique peut contribuer à protéger l’environnement tout en garantissant la sécurité des patients et du personnel.
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