Le premier sommet mondial One Health vient de se terminer à Lyon (One Health Summit) ; l’avenir et la robustesse de l’humanité et de la planète nécessitent de penser conjointement la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes. De ce fait, nous, vétérinaires, sommes au cœur de cette santé globale de part notre gestion mais aussi notre impact sur les 4 domaines.
Nos articles précédents (carbone, hygiène, déchets), que vous pouvez retrouver sur le site, évoquaient déjà des points d’amélioration. Celui-ci évoque des aspects plus spécifiques.
Gestes concrets pour protéger la santé animale, humaine et environnementale
1. Dans la clinique
- Conception & rénovation: privilégier l’inox ou le bois massif, peintures/sols à faible impact, VMC performante (double-flux), taux d’air adapté selon les salles.
- Chauffage/ eau chaude : – privilégier les sources d’énergie bas-carbone pour les nouvelles constructions ou les rénovations
- Electricité: souscription de contrats d’électricité « verte » ou produire sa propre électricité
- Matériel & linge: préférer le lavable au jetable, fibres naturelles ou labellisées, limiter le plastique au contact du patient (gamelles, jouets).
- Hygiène: choisir les biocides avec discernement (cf. article hygiène écoresponsable), limiter les désodorisants, respecter dose, temps de pose et rinçage.
- Air & ventilation: aérer 10 min/jour, entretenir et contrôler régulièrement la VMC.
2. Dans les prescriptions
- Éco-prescription:
- Cette affection justifie-t-elle un traitement médicamenteux ?
- Déconditionnement possible ?
- Alternatives non médicamenteuses envisageables ?
- Antiparasitaires:
- Évaluer la nécessité du traitement (état clinique, mode de vie).
- Éviter les spécialités à rémanence prolongée.
- Choisir la molécule la moins écotoxique disponible.
- Décaler les traitements pour réduire l’exposition humaine/environnementale.
- Anticancéreux & API: appliquer les guides de bonnes pratiques, limiter les cytotoxiques dans l’environnement, respecter les recommandations (NMP, femmes enceintes).
3. Conseils aux propriétaires
- Antiparasitaires externes:
- Appliquer le soir ou avant une sortie.
- Attendre que la zone soit sèche avant contact.
- Interdire caresses/bains/jeux avec enfants dans les 2 jours.
- Ramasser systématiquement les selles (incinération).
- Antiparasitaires internes:
- Prescrire aussi peu que possible mais autant que nécessaire.
- Vermifuger selon facteurs de risque (accès extérieur, chasse, viande crue, zones à Echinococcus).
- Encourager lacoproscopie comme alternative pour ajuster la fréquence (1–2/an hors zones à risque).
- Vie quotidienne: privilégier bocaux verre > conserves, éviter soja (isoflavones), limiter tissus synthétiques (retardateurs de flamme, microplastiques).
4. Pour l’équipe vétérinaire
- Former et informer sur les risques liés aux biocides et antiparasitaires.
- Fournir des équipements de protection (gants, surtout pour femmes en âge de procréer).
- Inscrire les recommandations dans les procédures internes (sécurité, déchets, hygiène).
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